.:Fabriquer une épuisette de wading:.
| Fiche
Bricolage n°11 |
| |
Épuisette
de wading en lamellé-collé
par
Claude G
|
| |
|
*Cliquez sur les photos ou schémas pour
les voir en plus grande taille, puis sur la flêche " "
pour revenir à cette page.
|
| LES
MATERIAUX |
|
Chutes de
pin ou de sapin pour le gabarit
Lames de
bois d’essences différentes
Colle à
bois
Bourriche
anglaise ou filet à maille fine
Tresse
Vernis incolore
Chute de
laiton ou d’aluminium - visserie
|
| L'OUTILLAGE |
Scie circulaire
Raboteuse
Scie sauteuse
Perceuse
sur colonne
Serre-joints
Râpes
plate et demi ronde
Boite à
onglets
Papier de
verre
Petit outillage
à main
Machine à
coudre.
|
| Remarques
préliminaires |
|
| Cette fiche s’adresse plus
particulièrement aux animateurs ou responsables de club, non pas
en raison d’une quelconque difficulté de réalisation,
mais tout simplement parce que la mise en œuvre d’outillage
lourd et l’achat de certains matériaux ne se justifie pas
pour la réalisation d’un exemplaire unique qu’il est
autrement plus commode de se procurer dans le commerce spécialisé
même s’il n’y a pas photo quant aux dépenses
engagées.
La conception et la réalisation d’un ou plusieurs gabarits
, la découpe et l’usinage d’une grande quantité
de lames, la découpe en série des filets sont autant d’activités
qui semblent mieux appropriées à un travail de groupe au
sein d’un club ou d’une association, les tâches pouvant
être réparties en fonction des affinités de la dextérité
ou de l’équipement en outillage de l’un ou l’autre
des membres. Dans ce cas de figure le club peut mettre à la disposition
de ses adhérents tout ou partie des composants, la phase de réalisation
proprement dite étant une affaire individuelle afin que chacun
puisse apporter sa touche personnelle.
|
| |
|
| Confection
d’un gabarit de moulage |
| |
|
La technique du bois moulé ou du lamellé-collé
est connue de longue date. Elle trouve deux applications directes de
grande ampleur : charpente et construction navale. Pour ce qui nous
concerne nous n’allons évidemment pas donner dans le gigantisme
mais cette technique est tout à fait appropriée à
ce que nous voulons faire. Il n’y a qu’à regarder
l’étal des revendeurs de matériel de pêche.
Qui dit bois moulé implique ipso-facto la confection d’un
moule ou gabarit . Sa réalisation ne pose aucun problème.
Quelques impératifs sont toutefois à respecter:
- Choisir un bois massif pin, chêne ou hêtre qui offrira
une meilleur résistance au démoulage en raison des bavures
de colle qui ne manqueront pas de se produire.
- Prévoir un socle volumineux pour équilibrer le poids
des nombreux serre-joints que vous serez amener à employer.
- Éviter les courbes trop prononcées les lames de bois
ne suivront pas et c’est la cassure assurée.
|
|
- L’épaisseur du moule doit en tout état
de cause être supérieure à la hauteur des lames de
bois 20 mm est un bon compromis.
La forme du moule est laissée à l’appréciation
de chacun, arrondi ou triangulaire l’avant gagne à être
évasé pour faciliter l’entrée du poisson. La
découpe du bois est faite à la scie sauteuse en veillant
bien à la perpendicularité de la lame. La coupe est peaufinée
à la râpe puis au papier de verre. Le moule est vissé
sur un socle en bois. Frotter abondamment un morceau de savon de Marseille
dans l’angle formé par le moule et son support, si vous possédez
un aérosol anti-adhésif à base de silicone ce sera
encore mieux pour limiter les adhérences. Deux taquets de bois
sont placés de part et d’autre à la naissance de la
poignée pour servir de point d’ancrage aux deux serre-joints
placés au niveau de l’inversion de courbure. Le pédoncule
servant de base à la poignée ne dépassera pas 8 à
10 mm de large. Tenir compte de l’épaisseur de 6 à
8 lames qui s’y ajouteront ultérieurement. |
|
| Découpe
et usinage des lames |
|
| CHOIX
DES ESSENCES DE BOIS |
|
|
Ce choix est primordial, il conditionne le bon déroulement
de l’opération de collage. Trop tendre le bois se prête
peu à une finition de qualité, trop rigide le cintrage
pose problème. L’idéal est un bois de fil suffisamment
dense et souple. Pour les essences claires européennes le frêne
ou le hêtre conviennent très bien ainsi que le noyer dans
une teinte un peu plus soutenue.
|

Opération
de débitage à la scie circulaire
|
Une réalisation d’origine néo-calédonienne
devait se démarquer par une note d’exotisme, associé
au hêtre nous avons fait appel au ’’ bois des îles’’
de nos aïeux en l’occurrence le KOHU dense et très
foncé largement utilisé localement en parqueterie.
Les lames sont débitées dans un bloc de bois (lame de
parquet préalablement amenée à l’épaisseur
de 15 mm) Les lames sont tirées à l’épaisseur
de 5 mm environ pour être ensuite réduites par rabotage
à 3 mm maxi, moins si la machine le permet. Plus elles seront
minces plus le cintrage sera facile sans aucun artifice. Dans la mesure
du possible la longueur des lames sera égale à la longueur
du périmètre du moule. Des raccords sont toutefois toujours
possible à la condition de les éloigner les uns des autres
pour éviter de créer des points de faiblesse. Vous aurez
besoin de 3 ou 4 lames par épuisette en fonction de l’épaisseur
que vous aurez pu atteindre.
|
|

Lames
en Kohu, chène de Tasmanie, Hètre
|
| |
|
|
C’est le stade le plus délicat de la réalisation mais
pas insurmontable. Avant de passer au collage faites un essai en cintrant
chaque lame sur le gabarit en lui faisant épouser rigoureusement
sa forme. Si l’une d’entre elles doit casser il vaut mieux
que se soit à ce moment.
Les trois ou 4 lames sont tout d’abord enduites sur une de leur
face d’une bonne colle à bois certifiée ’’
extérieur ’’ les côtés interne et externe
n’étant bien évidemment pas encollés. Toutes
les lames sont posées et collées simultanément et
non pas l’une après l’autre pour des facilités
de serrage. On commence par pincer solidement le paquet de lames au sommet
de la courbure puis ont rabat latéralement une fois d’un
côté une fois de l’autre en plaçant les serre-joints
au plus près les uns des autres. Il vous en faudra peut-être
beaucoup si le bois est indocile: prévoyez largement. En maints
endroits la colle va former des bavures essuyez les sans attendre. Laisser
durcir jusqu’au lendemain et démouler précautionneusement
pour prévenir les arrachages qui pourraient se produire en raison
d’un excès de colle. Si les choses ne devaient pas se passer
aussi bien que souhaité et en particulier au moment du cintrage
si une lame en position interne venait à éclater. Placer
un serre-joint au niveau de la cassure pour éviter la formation
d’un bec.
|
Cintrage
et collage des lames sur le gabarit |
| |
Si vous n’êtes pas sûr de parvenir à
vos fins du premier coup vous avez la possibilité de recourir à
l’un de ces artifices pour donner une plus grande souplesse aux
lames de bois :
- Chauffage à la flamme d’une lampe à gaz.(attention
à l’ignition)
- humidification par la vapeur à l’orifice de la soupape
de sécurité d’une cocote minute en ébullition.
- Immersion préalable dans l’eau durant 24 h.
|
Raquette
après démoulage - au centre le bloc de bois
dans lequel sera taillée la poignée. |
| |
Ayez surtout à l’esprit que les meilleurs
résultats seront obtenus avec les lames les plus fines (2 mm) et
les essences de bois les plus souples. A ce propos si le travail du bois
vous rebute vous pouvez faire aussi bien avec des lames toutes prêtes
achetées chez un commerçant en matériaux pour modélistes.
On trouve notamment des lames de bordé pour les maquettistes navals
mais se sera du bois très léger et très tendre limité
à une longueur de 1m.
Après démoulage vous obtenez l’ébauche d’une
raquette. La poignée est taillée dans un bloc de lames collées
confectionné à part. La découpe se fait à
la scie sauteuse l’ajustage à la râpe et l’assemblage
à la colle.
|
| |
| Finition
de la raquette |
| |
|
Nous avons tous admiré les modèles présentés
chez les commerçants spécialisés ‘’
mouche ‘’ : look professionnel, finition vernie satinée
pour un toucher tout en douceur. Nous pouvons faire la même chose
avec du goût et un peu de patience. Nous avons déjà
eu l’occasion d’insister sur cet aspect esthétique
très important à notre avis.
Dans un premier temps il vous faudra éliminer tous les granules
de colle qui se sont formés un peu partout si vous n’avez
pas pris soin de les essuyer avant durcissement. Puis égaliser
les éventuels décalages entre lames, il y en aura nécessairement
Nous n’avons rien trouvé de mieux pour ce faire que des
éclats de verre bien droits et bien francs car vous n’aurez
pas la possibilité de raboter les lames sur chant dont les fibres
peuvent ne pas être toutes dans un sens favorable.
Quand tout vous semble parfait passer au stade du ponçage au
papier de verre à grains décroissants ne négligez
pas cette étape du travail c’est d’elle que dépend
l’aspect final de votre réalisation.Adoucissez notamment
les angles vifs.
La dernière étape consiste à recouvrir la raquette
de plusieurs couches de vernis polyuréthane, incolore ou satiné
à votre convenance. étaler très finement le vernis
mais passer de nombreuses fois 5 ou 6 couches peuvent être nécessaires.
Laisser sécher 24 heures entre chaque et poncer finement avant
d’appliquer de nouveau.
|
| Découpe
et fixation du filet |
| |
| Il vous sera peut-être difficile de
vous procurer un filet parfaitement adapté au modèle d’épuisette
que vous avez retenu. Il vous faudra probablement le réaliser vous
même à la bonne dimension. Nous avons cherché longuement
pour trouver un compromis et nous avons fini par adopter une solution
satisfaisante dans tous les cas de figure. Il s’agit de tailler
le filet dans une bourriche anglaise après en avoir retiré
les arceaux. Gros avantage de la solution ces filets sont spécialement
conçus pour maintenir le poisson en vie donc la solution parfaite
pour éviter l’abrasion cutanée et procéder
à la remise à l’eau du poisson dans des conditions
optimales solution que nous préconisons plus que jamais à
l’image de nos amis pêcheurs australiens et néo-zélandais.
|
|
|
|
Après cette considération d’ordre éthique passons
à la pratique. Mesurez le périmètre intérieur
de la raquette. Le demi périmètre constituera la grande
base d’un trapèze ou d’une poche dont nous vous laissons
l’initiative de la forme mais ne vous compliquez pas trop la vie
: mieux vaut coudre en ligne droite qu’en arc de cercle. Avant de
couper doublez le filet pour obtenir au final après la taille deux
trapèzes rigoureusement identiques. Pour des réalisations
successives étalées dans le temps il serait peut être
préférable de tailler un patron dans un morceau de tissus
à remettre aux intéressés pour leur éviter
erreur ou gaspillage .
|
|
Assembler les deux pièces sur trois des
côtés en emprisonnant les bords dans une tresse de
couleur identique à celle du filet. Le bord supérieur
reçoit lui aussi une tresse pliée en deux ou un
biais qui servira à renforcer la fixation de la poche sur
la raquette en bois. Un bon conseil confiez ce travail à
votre épouse où à une autre personne du beau
sexe. Elles sont incomparablement plus douées que nous
pour ce genre de chose pour peu bien entendu ce que vous expliquiez
clairement ce que vous souhaitez faire. |
| |
|
Le filet est fixé à la raquette par
une couture. Eh oui sur du bois, c’est surprenant nous vous
l’accordons, mais c’est bien la solution esthétique
qui convient le mieux. Il faudra en contrepartie se livrer à
un petit travail de cordonnier puisque c’est précisément
à une de ses techniques que nous allons recourir : la couture
à double aiguille. Dans un premier temps il faudra sur
tout le périmètre extérieur de la raquette
jusqu’à hauteur de la poignée exécuter
une rainure la plus fine qui soit pour y noyer le fil de couture.
1mm de largeur sur 1 mm de profondeur c’est suffisant. Nous
avons utilisé pour creuser cette saignée une perceuse
de modéliste équipée d’un mini disque
à découper. Vous pouvez aussi utiliser un fragment
de lame de scie à métaux ou la pointe d’un
trusquin passée et repassée au même endroit
jusqu’à y creuser un sillon ce sera encore plus régulier. |
| |
|
|
|
|
| |
Dans la rainure même, tous les 15 mm environ à
l’aide une perceuse sur colonne et d’un forêt de 1,
5 mm de diamètre vous devez percer des trous traversant le bois
de part en part. Stoppez à la naissance de la poignée .
Le filet pourra à présent être cousu sur la raquette
par une cinquantaine de points. Pour la couture utiliser un fil de nylon
de 40 à 50/100 mm. Employer la méthode de la couture à
double aiguille selon le croquis ci-dessous. Au dernier point arrêter
la couture par un solide nœud de pêcheur comme vous en connaissez
et bloquer par un goutte de colle cyanoacrylate. |
| |
|
| |
Comme vous n’aurez pas pu percer sur quelques centimètres
à hauteur de la poignée il vous faudra user d’une
autre méthode pour fixer le filet. Nous avons utilisé une
languette de laiton écroui clouée avec des pointes du même
métal. Vous pouvez aussi utiliser de l’acier inox ou de l’aluminium. |
| |
|
| |
Nous arrivons au terme de la réalisation qui vous
aura pris pas mal de temps nous en sommes conscients. Il ne vous reste
plus pour être opérationnel qu’à doter l’épuisette
d’une dragonne élastique qui vous permettra de la porter
en sautoir lors de vos prochaines sorties en wading.
Nous formulons l’espoir que vous aurez la sagesse de rendre leur
liberté à la majorité des poissons que vous aurez
eu la joie d’y faire entrer afin qu’ils puissent aller raconter
à leurs congénères comment ils ont trouvé
votre ouvrage réussi et combien ils s’y sont sentis à
l’aise.
Merci pour eux : Claude
|
.:Commentaires:.
Réponse à Philippe concernant le tracé du gabarit.
Il existe 3 possibilités pour optimiser le tracé :
1 )- Sur un papier calque tracer un axe de symétrie longitudinal. Au crayon effectuer au jeté un premier tracé de la raquette à l'échelle 1/1. Le rectifier pour obtenir la forme la mieux appropriée. Plier la feuille en deux selon l'axe et reporter l'un des demi-tracé sur la seconde moitié du calque. La symétrie sera parfaite. Transférzer ensuite le tracé complet sur le bois à découper à l'aide d'un carbone.
2) - Directement sur le bois, tracer l'axe de symétrie de la raquette. A l'échelle 1/1 au compas centré sur cet axe, tracer une circonférence correspondant à l'ouverture maximale de la raquette. A bonne distance, sur l'axe tracer un rectangle de 1X 10 cm correspondant au pédoncule de la poignée. A l'aide d'un pistolet de dessinateur rechercher et tracer la courbe la plus adhéquate pour relier tangentiellement le cercle au restangle en repérant bien la ou les portions de courbe utilisées sur la pistolet pour bien respecter la symétrie droite gauche.
3) - A l'image des dessinateurs navals pour le tracé des carènes, utiliser une latte de bois très souple telle que celle qui sera utilisée pour la confection. La placer SUR CHANT perpendiculairement à l'axe de symétrie sur le panneau de bois à découper. Retenir l'une des extrémité entre trois pointes légèrement fichées dans le panneau pour l'immobiliser. Progressivement arquer la latte en lui faisant épouser la forme que l'on souhaite donner à la raquette. Maintenir ici et là la courbure et la latte sous tension par des pointes fichées dans le panneau. Après avoir défini avec la latte de bois un demi-périmètre tracer le contour délimité par la latte courbée et reporter ce demi tracé avec un calque ou un carbone sur l'autre moitié du panneau. Avantages de ce procédé : on ne peut pas faire subir à la latte de bois ce qu'elle n'est pas en mesure de supporter sans casser et les courbes tout en douceur sont beaucoup plus harmonieuses.
Bon courage, très cordialement : Claude
Pour ces réponses et si j'osais je vous demanderais de nous "imager" vos explications" certes très claires il faut le dire... Mais je comprendrais très bien si vous ne trouviez pas le temps d'y répondre. Mille merci
Philippe
Félicitation pour votre article ; vous parlez d'une épaisseur de 3 mm , par quel artifice arrivez-vous à raboter sans risque d'éclatement de la baguette lorsqu'elle se trouve sous les couteaux ? Merci de m'aider à resoudre ce probléme .