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.:Kuhlia rupestris: la Carpe calédonienne:.
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Photo: Christine
Pollabauer
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Ce
poisson, aux écailles argentées, n'a aucune parenté avec la carpe. C'est
à la perche d'Amérique du nord (Centrarchidae) et au blackbass qu'il semble
le plus étroitement apparenté.
De la
famille des Kuhlidés, il est plus connu sous l'appelation de "Doule
de roche" ou de "Jungle perch" chez nos voisins australiens chez qui
il a une réputation d'espèce légendaire auprès des pêcheurs (1).
Il
existe, en Nouvelle-Calédonie, plusieurs espèces de Kuhlidés que nous
recenserons plus loin. Nous allons nous intéresser, plus particulièrement,
à Kuhlia rupestris qui présente le plus grand intérêt pour
les pêcheurs
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MORPHOLOGIE :. |
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La
doule a un corps haut et comprimé. Le dos est foncé (bleuatre ou brun)
et les écailles sont tachées de noir ou de rouge. Le ventre et les flancs
sont argentés.
Les taches de la nageoire caudale sont caractéristiques et permettent
de la distinguer des autres kuhlidés. Chez les poissons plus agés, ces
taches s'étendent pour donner une barre noire verticale.
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TAILLE :. |
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La doule
de roche peut mesurer jusqu'à 45 cm pour un poids de 3 kg (Lewis et
Hogan 1987). Dans le Queensland, des spécimens de 6 kg auraient été
enregistrés.
En règle générale, les poissons capturés sont généralement plus petits
et des prises de plus de 800g ne sont pas courantes.
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Kuhlia
rupestris se caractérise par un développement différent entre les
males et les femelles. S'il n'existe que peu de données
(2) sur ce poisson en Nouvelle-Calédonie,
quelques études, réalisées en Australie et à Fidji, ont mis en évidence
ce dimorphisme.
Lors des opérations de capture réalisées pour ces études, aucun mâle ne
dépassait 23 cm, alors que des femelles allant jusqu'à 33cm ont été observées.
Le graphique ci-dessous, obtenu à partir de ces études permet de visualiser
cette différence.
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Cliquez
sur ce graphique pour l'agrandir
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HABITAT :. |
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La doule préfère
les eaux relativement calmes. Les plus gros poissons se trouvent dans
les zones profondes; de préférence à proximité de surplombs ou d'arbres
morts.
Les études
, citées précédemment, ont montré une forte ségrégation entre les males
et les femelles:
- les mâles se cantonnent généralement sur le bas des rivières et ne remontent
que rarement au dessus de la limite de la zone d'influence des marées.
De plus ils peuvent se regrouper pour former des bancs.
- Les femelles se cantonnent généralement au haut des rivières. Certaines
peuvent cependant être pêchées sur le cours inférieur. Il s'agit là, soit
d'individus plus petits, soit de femelles en cours de migration (voir
Reproduction).
Les zones où les deux cohabitent sont limitées.
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Photo: Christine Pollabauer
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BIOLOGIE :. |
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Alimentation :. |
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La doule
est un poisson carnivore qui se nourrit principalement d'invertébrés
aquatiques ( larves d'insectes, crevettes, vers,...) ainsi que de
petits poissons et d'insectes terrestres. Elle ne dédaigne pas des
proies plus grosses tombées dans l'eau. C'est d'ailleurs pour cela
qu'elle se cantonne principalement à proximité des berges.
Un de ses noms fidjiens peut se traduire par "Gobeur de crachat" en
référence à son habitude de s'emparer de tout ce qui tombe de la végétation
surplombant la rivière
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.:Croissance
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Il semble
maintenant établi que la doule adulte a une croissance très faible,
de l'ordre de 2 cm par an chez les femelles, les mâles ayant une croissance
encore plus lente.
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Reproduction :. |
Certains
aspects précis du cycle biologique, notamment le frai, sont encore
mal connus. Les éléments dont on dispose donnent à penser que cette
espèce se reproduit en eau de mer (3),
près de la côte.
Les mécanismes sont mal connus et le frai n'a pas été observé.
Une étude (A.E. HOGAN et J.C.NICHOLSON), sur la mobilité du sperme
des mâles parvenus à maturité, montre que le sperme de la doule de
roche est totalement inactif en eau douce et qu'il atteint son activité
maximale pour des salinités égales ou supérieures à 20 pour mille.
De plus les échantillonages dans les estuaires ont mis en évidence,
à certaines périodes, une disparition très brève des males arrivés
à maturation sexuelle.
Ils ont donc émis l'hypothèse que les males et les femelles migrent
brièvement (4) à la
limite de l'avancée alluvionnaire au large de l'embouchure. Les poissons
remonteraient ensuite dans les cours d'eau pour retrouver leur gite
habituel mais ce mouvement de retour est mal connu.
La taille minimale des poissons arrivés à maturation
sexuelle serait de 17 cm (longueur totale) pour les mâles et
de 21cm pour les femelles. Il est donc préférable de
remettre à l'eau les poissons qui n'atteignent pas ces tailles
pour préserver leur chance de se reproduire.
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RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE:. |
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Les
Kuhlidés sont présents dans l'Indo-Pacifique de l'Afrique de l'est jusqu'à
Hawaï, en eau de mer comme en eau douce.
Kuhlia rupestris a, pour sa part, une aire de répartition
plus réduite car on ne la trouve que dans les pays tropicaux ( couverts
de forêts humides) avec des rivières pérennes au cours rapide. La limite
à l'est semble être les Samoa américaines. En Australie, on ne la trouve,
apparemment, que dans les régions côtières du nord et du centre du Queensland.
Elle est absente dans les rivières lentes des Territoires du nord ou du
Golf de Carpentarie. Elle est présente à la Réunion où elle porte aussi
le nom de "Poisson plat". |
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Les autres membres de la famille présents en Nouvelle-Calédonie:. |
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Kuhlia
marginata
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Kuhlia
mugil
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Kuhlia
munda
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CONCLUSION :. |
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Dans les pays
voisins, la doule est recherchée aussi bien comme ressource vivrière
par les populations locales que pour ses qualités de poisson de
pêche sportive. La ressource est cependant fragile. La doule est
en effet sensible à la pollution, à l'envasement des fonds
et, surtout l'utilisation de filets maillants, qui l'empêchent de
migrer pour se reproduire, peut s'avérer catastrophique. A la Réunion,
la doule s'est dramatiquement raréfiée à la suite
d'une pêche intensive. Comme marqué ci-dessous, en Australie,
des mesures de limitation des captures, très sévères
( un seul poisson autorisé), ont été prises pour
préserver le potentiel halieutique des rivières où
elle est présente.
La pratique du "Catch and release" s'impose.
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CRÉDITS :. |
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- A.D.LEWIS
et A.E.HOGAN: L'énigmatique Doule de roche- Les travaux récents
fournissent quelques réponses . Lettre d'information sur les
pêches n°40 Janv-Mars 1987.
- Christine POLLABAUER: Faune Ichtyologique et carcinologique de Nouvelle-Calédonie
ERBIO 1999
- HOGAN, A.E. & J.C. NICHOLSON . Sperm mobility of jungle perch.
Kuhlia rupestris (Lacepède) and sooty grunter, Hephaestus fuliginosus
(Macleary) in différent salinities.
- Michel KULBICKI : Pêche à la mouche dans les rivières du caillou.
Chasse en nouvelle-Calédonie Juil 1999
- Fishbase
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A SUIVRE:
La Doule, sa pêche
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(1) Dans le Queensland, 1 seule
prise est autorisée, avec une taille maximale de 35cm.
(2) Vous pouvez consulter au centre de documentation de l'IRD l'étude
"Faune icthyologique et carcinologique de Nouvelle-Calédonie" de Christine
Pollabauer (ERBIO).
(3)
Il est important de savoir que la grande majorité des poissons peuplant
les rivières calédoniennes sont d'origine marine et retournent en mer
ou dans les estuaires pour se reproduire.
(4)
Les périodes et paramètres de
cette migration commencent à être connus mais, pour préserver la ressource,
il est préférable que ces données ne soient pas largement divulguées.
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Article écrit par Patrick GOZZI le 30/05/2002 - catégorie : Connaissance du milieu) - 
.:Commentaires:.
La doule Envoyé par Boussac le 12/06/2002 à 02:27
Très bien fait ! J'en redemande !!! Vraiment très très bien !
@+
La Doule: précisions Envoyé par Michel Kulbicki le 07/07/2002 à 03:36
Vous pourriez peut-être mentionner les biotopes des autres doules
(estuaires pour munda et mugil, zones à courant pour marginata et parfois
munda dans le bas des cours d'eau) ainsi que leurs tailles (rarement plus de
20 cm pour munda et marginata dans nos eaux, environ 800 g pour mugil) pour
que les lecteurs réalisent que K.rupestris est la seule espèce de cette
famille véritablement intéressante dans nos eaux douces.
Question taille, en Nouvelle Calédonie, la plus grosse K.rupestris dont je
connaisse le poids acusait 1,600 kg et provenait d'une rivière côtière au
nord de Bourail. J'ai cependant pu observer, ainsi sans doute que de
nombreux lecteurs qu'il y avait des individus qui devaient approcher les 2
kg, en particulier sur les cours supérieurs de certaines rivières de la
côte est. Les rivières du Sud (dans les terrains miniers) n'ont en général
que de petits individus (rarement plus de 500g).
Pour enfoncer le clou en ce qui concerne le "no kill", indiquer que les
individus matures ont souvent un âge important (>5 ans), ce qui est
inhabituel en eau douce pour des carnassiers de taille moyenne. En
particulier, une comparaison avec le black qui mature dans sa troisième
année pourrait donner à réfléchir.
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