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.:La Pêche du Black Bass à la Mouche: 1ère partie:.
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Par Michel Kulbicki
1ère Partie
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La plupart d'entre vous le savent, le black bass se trouve essentiellement
dans le lac de Yaté, mais il a été introduit dans plusieurs autres plans
d'eau du Territoire, la plupart sur la côte ouest.
Il est peu probable que le black bass s'adapte à nos rivières, bien que
plusieurs personnes aient tenté de le faire par le passé. Il n'est d'ailleurs
sans doute pas souhaitable pour notre faune d'eau douce que le black bass
se répande bien au-delà de son aire actuelle.
Ce petit mot sur la répartition du black a son importance, car pour pêcher
correctement un poisson il faut tenter d'en connaître le milieu et ses
spécificités, en particulier les proies naturelles.
Le lac de Yaté a deux caractéristiques importantes :
a) c'est un lac de barrage dont le niveau varie de façon importante sur
des intervalles de temps relativement courts ;
b) les eaux de ce lac et de ses affluents sont très pauvres. La plupart
des autres retenues où l'on trouve du black sont destinées à l'irrigation
et si elles partagent avec le lac de Yaté la propriété d'avoir des niveaux
fluctuants, elles ont des eaux plus riches et moins chargées en latérites.
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Dans
son milieu d'origine, l'Amérique du Nord, le black bass a toute une gamme
de proies à sa disposition, en particulier des poissonnets, des grenouilles,
des vers, des insectes terrestres et aquatiques, des écrevisses ...
Il est probable que ce poisson possède dans ses gènes des instincts d'attaque
de certaines de ces proies, tout au moins à en juger par le succès local
de certains leurres censés les imiter. Nous reviendrons sur ce volet par
la suite.
Examinons maintenant les proies disponibles dans le lac de Yaté.
Il y a essentiellement :
des tilapias, des petits black bass, des crevettes, des larves d'insectes
aquatiques et des insectes terrestres, sans compter éventuellement l'occasionnelle
petite anguille.
Il n'est pas impossible qu'il y ait aussi des gambusies (poissons millions),
des larves de poissons endémiques (Galaxia) et d'autres proies moins fréquentes
comme des sangsues (inoffensives, que l'on se rassure) ou des vers terrestres.
Dans les autres endroits où le black bass est présent en Nouvelle Calédonie,
les types de proies sont sans doute les mêmes, seules les proportions
et les espèces étant probablement différentes.
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La
pêche du black bass à la mouche présente quelques particularités par
rapport à la pêche aux leurres ou aux appâts naturels. Tout d'abord,
la distance entre le pêcheur et le leurre est en général moindre (à
moins d'être un pro de la double traction), deuxièmement il est très
difficile de pêcher très profond avec une canne à mouche. Ces petits
handicaps n'empêchent pas la mouche d'être une méthode qui peut être
très efficace sur ce poisson et de permettre parfois de prendre un poisson
que rien ne semble intéresser. Le pêcheur à la mouche doit cependant
bien connaître son adversaire s'il veut éviter d'enfiler les bredouilles.
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| Quelques
principes de base qui sont aussi valables pour la pêche au lancer |
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Le
black bass est originaire d'une région à climat tempéré
chaud. Il aime donc les eaux entre 20 et 27°C. Si l'eau est plus chaude
il tendra à aller se réfugier dans les grands fonds, où
il est difficile à atteindre à la mouche (mais pas avec
les autres leurres).
Le matin tôt et le soir après 16h, le black vient souvent
sur le bord pour chasser dans très peu d'eau. Il peut y rester
si les conditions sont favorables (herbiers inondés, présence
en abondance d'alevins), mais en général il redescendra
dans des eaux plus profondes à mesure que le soleil monte (le pêcheur
à la mouche aura donc plus de temps à pêcher en surface
les jours nuageux).
Les endroits à prospecter sont :
a) les herbiers et arrivée de creek : à tout moment de la
journée mais plus particulièrement le matin et le soir.
b) les enrochements et les à pics : de préférence
en milieu de journée.
c) les forêts noyées : à toute heure, particulièrement
près des gros troncs et en bordure profonde des forêts longeant
les anciens lits de rivière.
d) les chenaux et les anciens lits de rivière : hélas très
difficiles à pêcher à la mouche car en général
trop profonds. Toujours intéressants à prospecter, surtout
à proximité des arrivées de creek.
e) les grands plats vaseux : très tôt le matin par temps
calme, pêche à vue surtout pendant les mois frais.
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Le black
bass n'est pas un poisson particulièrement farouche ni méfiant. Il ne
faut cependant pas donner le bâton pour se faire battre.
Utilisez
donc des vêtements de couleurs neutre (gris, vert clair, tissus à carreau,
pour les accros le treillis), éviter les contrastes de couleur (pantalon
clair et veste sombre par exemple).
Avancer toujours lentement quand vous êtes en action de pêche.
Durant les lancers, limiter
vos gestes au minimum. Inutile de tenter de battre des records de distance,
le poisson est souvent " dans vos bottes " à moins de 15 m.
Si vous changez d'endroits, marchez loin du bord et quand vous revenez
près du bord pour pêcher rapprochez vous lentement du bord de l'eau, surtout
si la zone est peu profonde ou si vous avez le soleil dans le dos.
Achetez vous une bonne (même si possible excellente) paire de lunettes
polarisantes. Elles vous rendront de grands services pour suivre votre
mouche, voir le poisson et les obstacles sous la surface (sans compter
que cela protégera vos yeux, précaution non superflue sous nos latitudes).
Durant l'action de pêche quand vous entamez une nouvelle zone, commencez
toujours par les postes les plus proches de vous, puis à mesure allongez
vos lancers.
Sauf si vous devez pêcher profond, auquel cas il est utile de réaliser
des lancer longs, préférez des lancer relativement courts et des déplacements
assez fréquents (tous les 5-6 lancers), plutôt qu'un grand nombre
de lancers du même endroit. Ne pas tomber dans l'excès inverse qui consiste
à lancer une fois puis courir 10 m plus loin et lancer de nouveau. Comptez
en général 30 secondes par mètre de rivage. Donc pour prospecter 100 m
de rivage il faut environ une demi-heure à trois quart d'heure.
La pêche depuis un bateau n'est
pas évidente. Il faut en général être deux, un à la barre l'autre en pêche.
Inutile de dire qu'il faut être très vigilant à ne pas harponner votre
partenaire, surtout par vent latéral ou vent de face. La pêche à partir
d'un kayak est également possible et ne demande pas de préparation spéciale.
C'est cependant peu pratique s'il y a le moindre vent.
Je vous propose, dans la deuxième partie, plusieurs photos de mouche
à black. Ce ne sont pas des œuvres d'art (il y a bien meilleur monteur
de mouche) mais il est important de se souvenir que le black n'est pas
un poisson regardant. S'il a envie de mordre, rien ne le retient, si au
contraire il n'est pas d'humeur, même les meilleurs montages sont en général
sans effet. Donc n'ayez aucun complexe pour monter vos mouches à black,
l'essentiel est d'avoir confiance quand vous utiliserez votre mouche.
La meilleure des mouches, pêchée sans confiance ne vaudra pas un ramassis
infâme de plumes pêché avec conviction.
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IIème
partie: les mouches pour la pêche du Black bass en Nouvelle-Calédonie (en préparation)
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Article écrit par Michel Kulbicki le 12/06/2002 - catégorie : Pêche du Black bass) - 
.:Commentaires:.
Le black-bass en eau profonde Envoyé par A.D.N. le 05/07/2002 à 22:41
D'abord merci à Michel pour ce premier article clair et complet. Tout y est et, même si je ne suis pas une référence halieutique, j'affirme que tout y est exact et que les conseils d'approche et de pêche sont a suivre à la lettre.
LE BLACK-BASS EN EAU PROFONDE:
C'est possible mais on pêche plus lentement et c'est un peu plus technique.
Matériel: canne et moulinet habituel, soie plongeante "fast sinking" et bas de ligne plus long (3,50 m) dont une pointe d'1,50 m en 22 ou 24/100°. Les artificielles utilisées sont plus petites qu'en sèche ou en surface sur hameçons n° 12 à 6. Elles sont montées avec des matériaux qui flottent et imitent les larves de libellules ou de demoiselles, des alevins, des crevettes.
Après avoir lancé, laisser la soie couler au fond et ramener par petites tirettes entrecoupées de poses. En milieu de journée c'est une pêche moins rapide, "reposante" et qui fait prendre, parfois, de beaux poissons mais aussi des anguilles et ... des bois immergés. Pour éviter ces derniers, montez un anti-herbes sur la mouche.
A.D.N.
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